Oct 252013
 

Un peu d’histoire et d’international

 

L’écosocialisme selon le NPA :

 

Manifeste pour l’écosocialisme adopté par le Congrès du Parti de Gauche du 22 au 24 mars 2013 :

 

Débat critique sur les thèses écosocialistes des uns et des autres :

 

Contributions diverses de MOCqueur-se-s de la coopérative du MOC :

 

 

 

  11 commentaires à “EcoSocialisme : état des débats”

  1. 1- L’article de Cédric Durand qui analyse les rapports entre Ecosocialisme et décroissance n’est pas inintéressant ; mais davantage par ses creux, ses manques, ses approximations que par la finesse de ses analyses (que dire de ses propositions ?)

    2- Dans un premier temps, on croit que l’auteur va assumer la différence entre OC et décroissance ; et comme on ne voit rien venir dans la première partie, on se dit que ce sera dans la seconde : mais la seconde se contente d’être anti-capitaliste – en faisant semblant de raconter que la décroissance pourrait être capitaliste : ce qui montre juste que l’auteur n’a pas assez finement analysé les rapports entre croissance, capitalisme et productivisme.

    3- Quelques remarques critiques :

    • la crise écologique serait entrelacée : wouahou, on adore le terme pour refuser de voir dans l’écologie le fond même de toute politique
    • « l’objectif d’une croissance illimitée serait de moins en moins tenable » : on adore le conditionnel
    • l’analyse de la TSCG passe complètement sous silence le rôle possible de l’inflation (qui, à la fois, rembourse des dettes et rogne les patrimoines)
    • la décroissance est réduite à des sources culturelles ou écologistes sans même évoquer le socialisme utopique ( mais c’est vrai que plus loin l’auteur va avoir besoin de ressusciter la planification)
    • Vient enfin la critique explicite : les décroissants seraient « incapables de penser la dynamique économique et politique du capitalisme »

    Alors on passe à la seconde partie :

    • Le débat crucial entre décroissants serait : savoir si on peut défendre un capitalisme sans croissance ?
    • Et nous n’aurions qu’une seule solution : la relocalisation (aors que, même chez Latouche, ce n’est qu’un des R : http://decroissances.blog.lemonde.fr/2010/07/31/les-re-de-la-decroissance/)
    • Nous pouvons ensuite lire quelques considérations historiques qui, toutes, écartent le fait majeur : les taux de croissance du 20ème seraient la norme : alors qu’ils ne sont que des exceptions (par exemple aujourd’hui l’accumulation par dépossession ne fait que retrouver une répartition classique entre capital privé et capital public, répartition qui n’a été mise entre parenthèses que pendant les 30 glorieuses (je vais me faire offrir le bouquin sur sa critique)
    • Le paragraphe sur la valeur d’usage semblait prometteur ; mais l’auteur préconise une économie de la valeur d’usage là où les décroissants défendent une économique des usages. Car, lui, il reste prisonnier d’une économie dominée par une analyse de la valeur (entre VU et VE), analyse que nous devons, entre autres à Marx, analyse surtout qui reste prisonnière d’une conception marchande de la monnaie, celle de la fable du troc, fable commune au libéralisme et à sa critique marxiste : fable dont a besoin le productivisme (je vous renvoie pour ce lien au texte d’Annie Vital dans le livre sur l’Antiproductivisme – le lire ici : http://www.objectiondecroissance.org/2013/10/maisoucomment/#2013)
    • L’auteur conclut par un § dont la formulation du problème ne me semble validée qu’afin de justifier a priori la solution qu’il va préconiser et qui va placer la planification au coeur d’une triade marché/plan/communs
    • Quant aux communs, la distinction entre (communs) gais et (communs) tristes est à la mode mais elle dissimule mal une technophilie qui révèle une critique insuffisante du productivisme, de son rationalisme, de sa vision objectiviste et matérialiste du monde : vive wikipedia et les logiciels libres !

    4- Pour rester dans ma tonalité généralement démoralisante, je vous renvoie au Manifeste convivialiste : comme un texte pour se faire battre la coulpe capitaliste ; mais il y a plein de points intéressants dedans. Sauf quand même une critique générale de méthode : qui a besoin d’un tel texte au plus petit dénominateur commun entre non-socialistes ?

  2. L’écosocialisme est un paradigme qui commence à être récupéré à toutes les sauces. Pourquoi écologie plutôt que décroissance ? Pourquoi Socialisme plutôt que Communisme ? Pourquoi Démocratique plutôt que Libertaire ou Anrachiste ? Pour mieux s’inscrire dans une logique de langage lissé qui ne fait pas peur ? Dans une quête de respectabilité ?
    Ou est-il préférable d’aller à contre courant ? D’oser prononcer les mots qui fâchent, de faire exister dans l’imaginaire collectif un horizon de transformation sociale radicale ?
    Deux articles pour réfléchir à ces questions…

    Pour faire converger la décroissance et le communisme libertaire :
    http://esprit-critique-revolutionnaire.blogg.org/page-remarques_sur_l_article_anarchisme_et_decroissance__le_monde_libertaire_-2356.html

    Pour penser en termes de santé collective plutôt qu’en termes de management du non-humain.
    http://esprit-critique-revolutionnaire.blogg.org/page-l_ecologie_est_elle_reductible_a_une_question_de_sante__-2351.html

    • Tout à fait d’accord avec ce commentaire. Disons-le clairement si l’écosocialisme doit être au socialisme ce que l’écologie d’accompagnement est au capitalisme – c’est -à-dire être un socialisme vert (comme i l y a déjà un capitalisme vert), alors il nous falloir le critiquer.
      Et n’accepter un dialogue entre décroissance et écosocialisme qu’à partir d’un fond de radicalité antiproductiviste et anticonsumériste.

      • Oui, il faudra le critiquer.
        Par contre, ECR ne rejoint pas nécessairement ces terminologies que sont « antiproductivisme » et « anticonsimérisme » en tant que telles. Le problème du concept de productivisme est qu’il mélange production et productivité. Ce que nous rejetons c’est tout d’abord la logique de croissance extensive de la production. Mais nous ne la rejetons pas en ce qui concerne les systèmes de santé, l’éducation.
        Ensuite, c’est la subordination de cette hyper production à une logique marchande, de croissance économique, du PIB, d’enrichissement capitaliste, etc.
        Nous ne rejetons pas la croissance intensive, les gains de productivité, au niveau technique, mais interrogeons la soutenabilité matérielle de ce système technique, en fonctions des énergies disponibles, des dégâts sur l’organisme de l’Homme et celui des autres espèces, animales, végétales, minérales, etc. Bien sur, si une science vraiment indépendante des impératifs économiques démontre qu’il n’est absolument pas soutenable, même à un degré minimal, même transformé (fin de l’obsolescence programmée, usage d’ENR et réduction massive de la production, etc.), le bon sens impliquera d’en faire le deuil. Mais il n’y a pas vraiment de certitudes à ce propos.
        Nous rejetons par contre la logique stakhanoviste, le principe de rendement, le travailler plus, plus vite, plus efficacement.
        Bien sur il y a une consommation de masse, mais qui est pour une grande partie entretenue par le système marchand, la pub, les discours politiques sur la consommation pour la croissance : c’est donc encore une fois la logique du marché qu’il faut interroger, et non culpabiliser les gens et leurs pratiques, même s’il est bon d’interroger leur (in-)soutenabilité. En seconde partie, c’est la consommation les macro systèmes, fortement énergivores et gaspilleurs, gérés par le capitalisme, la bureaucratie, sur lesquels les gens n’ont aucune prise, aucun pouvoir de décision, qu’il s’agit de critiquer.
        Sur le fond, nous sommes certainement d’accord…

        • @esprit-critique-revolutionnaire

          Nous essayons de ne pas mélanger production et productivité.

          Par « productivisme » nous entendons cette idéologie de la production pour la production ; nous voyons dans la croissance le « déchet de ce productivisme ».
          Par conséquent, nous admettons parfaitement qu’une production économique soit nécessaire et mieux nous sommes prêts à distinguer entre une productivité qui est une fin et productivité qui peut être un moyen. Car, dans certains gains, des gains de productivité peuvent directement provenir d’une économie des ressources.

          Notre critique du productivisme tient surtout à ne pas se restreindre à la seule critique des modes de production. Nous voulons ajouter une critique des produits. Une triple critique des produits. En amont, une critique de l’épuisement des « ressources ». Une critique du consumérisme en tant que mode de soi-disant réalisation de soi mais en réalité en tant que dissociété (le mode d’emploi est un mode vie). En aval, une critique des déchets.

          • Toujours au sujet de ce terme « productivisme », les définitions des Wikipédia (production pour la production/hausse de la production par la productivité) et des dicos comme Larousse et « dictionnaire réverso » (recherche de hausse de la productivité), Médiadico (hausse de la production par la hausse de la productivité), ne sont pas unanimes et voire contradictoires, et elles ne doivent pas être très claire dans la tête de pas mal de gens.
            Nous retenons celle du Larousse et du Réverso, car elles sont plus claires, du fait de la racine du mot. Bon ce n’est pas le plus important du moment que les deux langages peuvent exister et donner lieu à une réflexion plus approfondie.

  3. Pour continuer à nourrir le débat :
    Il est aussi intéressant de regarder du coté de ce qu’élabore les militants de la FA :
    Notamment les travaux de Jean-Pierre Tertrais sur la « Décroissance Libertaire »:
    « Pour une Décroissance Libertaire » Jean Pierre-Tertrais (FA Rennes)
    http://ecorev.org/spip.php?article583
    Le texte d’un meeting de rue ou il aborde encore ces questions :
    http://fa86.noblogs.org/?p=6700
    Sa brochure : http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Tertrais_Jean-Pierre_-_Decroissance_brochure_federation_anarchiste_2004.html
    et d’autres publications : http://www.monde-libertaire.fr/les-auteurs-du-monde-libertaire/12869-jean-pierre-tertrais
    Ainsi que deux vidéo: http://www.dailymotion.com/video/xuj8q_decroissance-revolution-tertrais-fa_news
    http://www.dailymotion.com/video/xqmgl0_le-fait-d-elire-librement-ses-maitres-ne-supprime-ni-les-maitres-ni-les-esclaves3-4_news

    Et également cet Article de John Rackham :
    « Anarchisme et Décroissance »: http://www.blogg.org/f.php?m=admin&a=contenu

  4. De nouvelles contributions :
    premières publications du groupe DCL
    la première partie du document pdf traite de la critique de l’écosocialisme en tant que courant politique et relativement à sa fonction de mot d’ordre, et des perspectives politiques dont il est porteur.

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)