Sep 192012
 

Je suis moi même adhérent C.G.T. (Filpac) retraité et j’y tiens. Cet après midi à Bergerac la section interprofessionnelle était réunie et nous avons beaucoup discuté de mobilisation en vue des journées d’action du 9 octobre pour la défense de l’industrie et des emplois et celle du 11 octobre pour les revendications des retraités. Nous nous sommes à ce propos élevés avec force face à l’agression (une de plus) qui se fomente avec la complicité béate des “grands journalistes” sur le thème des retraités privilégiés.

Et nous avons aussi beaucoup parlé de la mobilisation à propos du TCSG, de l’intérêt de faire le plus fort possible le 30 septembre et si possible de tout faire pour participer à la manif en faisant les 1100 bornes aller retour dans la journée.
Donc cégétiste je suis et cégétiste je reste.

Il n’empêche que je m’y exprime sans ambages et que j’y trouve des échos.

Le nucléaire: la cgt reste encore prisonnière de son histoire depuis la fin des années 40, de son implication dans le choix de l’énergie nucléaire, de son implantation dominante dans EDF. Implantation qui me paraitrait d’autant plus positive dans la mesure où elle aurait su s’émanciper de cette culture mortifère de l’atome.

Le productivisme, l’industrie automobile, les systèmes de fabrications peu regardant sur les dégâts environnementaux ( bien que ça évolue) sont encore l’alpha et l’oméga de l’action pour la défense des emplois, le développement “durable” (ineptie en regard des réalités environnementales).

Et je déplore, sans perdre espoir – innocent dirons certains – que les choses évoluent sous l’impulsion des réalités des calamités en tout genre qui, si elles ne peuvent maintenant être évitées, peuvent donner lieu à une réflexion et un action d’envergure pour tenter de les limiter et en protéger au mieux l’Humanité d’aujourd’hui et de demain.

A ces responsables politiques ou syndicaux qui prônent ces impasses technologiques, j’ai envie de leur dire “allez prendre 1 mois de vacances dans les environs de Fukushima, pêcher dans le pacifique, ou manger des salades de la campagne japonaise. Allez voir d’un peu plus près ce qui se passe avec une des 4 piscines de refroidissement en perdition. Allez au Japon discuter avec la population menacée de devoir évacuer par millions si jamais cette fameuse piscine vient à lâcher.” Au retour, si vous revenez, vous nous parlerez alors de “l’avenir de la filière nucléaire …” en connaissance de cause.

Pareil pour l’extraction des gaz de schistes, allez au moins voir sur place, en Pennsylvanie ou ailleurs, discutez avec les populations et pas seulement “les experts acquis à cette mauvaise cause”.

Si au lieu de vous braquer, je pense aux syndicalistes, sur la question de la défense de l’emploi à n’importe quel prix, vous preniez enfin la mesure des enjeux environnementaux, de leur urgence, vous mettiez au boulot pour travailler sur les alternatives – non marchandes, tant qu’à faire – sur les formations, les investissements nouveaux, les besoins considérables d’emplois, qu’exigent les mutations fondamentales en matière technologiques, sur les changements radicaux de mode de vie et de consommation, enfin sur un véritable changement de société en rupture radicale avec le système dominant, alors vous ferez œuvre utile pour le présent et l’avenir.

A partir de là la mobilisation pour le défense de l’industrie évidemment nécessaire gagnerait un tout autre intérêt.

Et je pense que les salariés de notre pays, comme en Europe et dans le monde, seraient prêts à s’investir.

Mais pour cela il faut d’abord faire l’effort de voir la vérité en face, l’effort de connaissance qu’elle exige et pas en divagant avec des gens de l’acabit d’Allègre ou d’autre scientifiques sous influence (Institut Montaigne, etc.) en regardant de près ce que font par exemple les scientifiques du GIEC. Sachant qu’un nombre significatifs de ces scientifiques estiment que les conclusions fournies à ce jour sont probablement en deçà de la réalité des bouleversement climatiques qui vont bientôt accabler l’Humanité et plus encore pour sa partie le plus déshéritée.

En ce qui me concerne, je fus dans une autre vie responsable syndical de la Fédération Cgt des Industries Papetières. Nous défendions mordicus la croissance de consommation de papier. Nous disions, je disais, convaincu par l’idéologie du patronat qui y trouvait son intérêt, qu’un des indicateurs de développement était justement représenté par la quantité de papier consommé par habitant. La France se situant, de mémoire, il y a une vingtaine d’année à 200 Kg par an. Les Etats Unis étant au double. Quelle conn…!

Excusez pour la longueur. Mais par là, j’essaie de montrer à partir de “ma fibre” syndicale, qu’il faut tout remettre à plat.
Nous débarrasser du système est certes indispensable, mais pas suffisant, pour espérer un avenir.

Pierre N.

  Une commentaire à “Tout remettre à plat”

  1. Merci Pierre pour ce texte.

    Peut-on le diffuser, à l’occasion? Pas massivement !

    Et entrer en contact.

    Salut fraternel ! d’un retraité …

    Roger LUCE

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